ACARIENS
SUR LE VIF copyright Mona Lisa |
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Première
mondiale : l’œil indiscret du microscope électronique
dévoile la vie intime des acariens. Des scènes inédites
nous plongent au cœur de ce monde invisible qui peuple notre quotidien
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| C’est
une multitude invisible, grouillante, omniprésente qui nous enveloppe.
Des créatures venues de la nuit des temps, quasiment inchangées
depuis quatre cents millions d’années. D’indestructibles
machines à survivre qui ont su s’adapter aux conditions extrêmes.
Avec les acariens, nous pénétrons dans l’univers parallèle
des conquérants de l’infiniment petit.
Comme le souligne le Pr. Coineau, directeur du laboratoire des arthropodes (dont font partie les acariens) au Muséum national d’histoire naturelle de Paris : "À l'exception des airs, que leur absence d’ailes leur interdit, ils sont partout. Des glaces de l’Antarctique aux sources brûlantes des fosses océaniques, du désert de Namib aux forêts norvégiennes, rien ne leur échappe. Ni le sol, ni l’eau, ni les plantes, ni les animaux".
Pour
ces "squatters", chaque être vivant est une micro planète.
Là, ils naissent, mangent, se reproduisent, s’entre-dévorent,
meurent. Entre ces extrêmes, des centaines de milliers d’espèces prolifèrent, qui ne sont pas toutes inoffensives pour l’homme. Dans notre environnement immédiat, on en recense une trentaine. Notre compagnon le plus fidèle est sans doute l’acarien des poussières. Depuis que l’homme existe, ce détritivore s’est fait un devoir de le débarrasser de ses peaux mortes (nous perdons jusqu’à trois grammes de squames par jour). Durant des millénaires, la cohabitation s’est plutôt bien déroulée, et peu de gens étaient incommodés par ces "machines à peeling".
Outre ces indésirables commensaux, d’autres espèces présentent à notre égard des mœurs on ne peut plus déplaisan-tes. Comme les sarcoptes qui, telles des taupes dans un potager, forent des galeries dans notre épiderme. C’est la gale. Et ces aoûtats qui, en fin d’été, se lancent à l’assaut de nos mollets pour y laisser des souvenirs cuisants. Ils semblent pourtant bien inoffensifs, en comparaison de leurs cousins asiatiques qui inoculent une bactérie responsable du mortel typhus des broussailles. Car de nombreux acariens font aussi office de seringues usagées. Et à ce jeu pernicieux, les tiques sont les plus redoutables. Second fléau parasitaire mondial, ces vampires congénitaux ont besoin de sang frais pour mener à bien les trois métamorphoses qui feront d’eux des adultes. Dès sa naissance, la petite tique s’embusque dans les herbes en attendant qu’une victime passe. Aveugle, elle la repère grâce aux détecteurs de gaz carbonique situés sur ses pattes avant. Sitôt la proie à portée, elle se jette sur elle et, plantant son rostre dans sa peau, se gorge de sang. Si l’hôte est sain, tout va bien. Mais s’il est porteur de maladies, la jeune tique en sera le vecteur de transmission auprès d’une prochaine victime. Repue, notre immature se décroche, digère et se métamor-phose. À l’âge adulte, les mâles cessent de se nourrir. Ils n’en ont plus besoin, puisqu’ils mourront sitôt leur rôle de géniteur accompli. Seule la femelle pique encore. Elle se livre alors à un repas pantagruélique, qui la fera passer de quelques millimètres à plus de deux centimètres. Afin de se gorger tout à loisir, elle sécrète, autour de son rostre, un ciment anesthésiant qui lui permet à la fois d’adhérer et d’être tolérée par la proie. Rassasiée, elle se laisse tomber dans l’herbe pour y pondre jusqu’à 4000 œufs, auxquels elle peut transmettre les agents pathogènes dont elle est vectrice.
Heureusement,
les acariens ne sont pas tous de dangereux parasites. Il en est même
de très sympathiques. C’est le cas des acariens du sol, un
petit peuple indispensable à la vie du monde végétal,
donc à notre survie. Sous nos pieds, ils décomposent, malaxent,
digèrent, recyclent les débris organiques pour les transformer
en humus. Sans leur contribution, le sol des forêts serait recouvert
de deux mètres de feuilles non assimilables par les arbres et les
plantes qui périraient, privés d’éléments
nutritifs.
Saviez vous que ces «Phitoseilus » ont même été promu au rang d’employés à part entière d’Eurodisney à Paris ou de Disneyworld en Floride. Pour le bien-être des visiteurs, mais aussi de Mickey, Minnie et les autres, ils sont chargés de protéger des parasites les plantes qui égaient et colorent ces Parcs d’attractions, ce en évitant le recours aux pesticides dans un environnement fréquenté par de nombreux enfants. Dans nos maisons, les acariens de poussière aiment l'humidité, la chaleur, les textiles, et bien sûr la poussière… et leur pièce préférée, c'est la chambre à coucher. C'est donc bien dans les endroits les plus intimes que les acariens de poussière aiment se nicher. Ce qui explique, entre autres, la phobie que certains ont de ces bestioles. D'autant plus que nous passons 1/3 de notre vie au lit… Alors, pour une maison et une chambre sans acariens, la recette est simple : carrelage ou linoléum au sol, peintures lavables au mur, pas de rideau, sommiers à lattes ou à ressorts, housses de matelas et oreillers traités anti-acariens, oreillers et couettes synthétiques lavés régulièrement,… Et comme les acariens détestent l'air sec, l'aération, l'aspirateur, et les acaricides, une ventilation mécanique contrôlée est bienvenue !.
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Prés de 500.000 espèces d'acariens sont répertoriées.
Leur taille peut varier de 100 microns à 3 centimètres.
Parmi
les acariens, l'Acarus siro occupe une place à part… Certains
gastronomes l'aiment. Principalement les mordus du goût de l'authentique.
Car l'Acarus siro vit dans la croûte de certains fromages artisanaux,
leur conférant, paraît-il, une qualité d'affinage
incomparable… Mais attention, les vrais amateurs consomment le fromage
avec sa croûte… et ses acariens !
Au
Jardin des Plantes de Paris, il existe un endroit où les pesticides
sont prohibés. Les acariens vivants y sont triés, bi-chonnés,…
Pour eux, le Pr. Coineau, directeur du laboratoire de recherche sur les
arthropodes du Muséum, a créé un sanctuaire. Là,
dans un "micro-zoo" unique au monde, le public découvre
le monde fascinant des acariens du sol, grâce à une technologie
de pointe, permettant de pénétrer l'invisible.
Géant
des acariens, la tique est un insecte prolifique, vecteur de maladies,
et surtout un vrai vampire… Mais comme les poux, les tiques doivent se nourrir de sang pour survivre. C'est pourquoi ce sont aussi de véritables vampires… C'est d'ailleurs après chaque repas de sang qu'a lieu chacune des 3 métamorphoses de la tique avant son passage au stade adulte. Seule la femelle pique pour se gorger de sang avant de multiplier son poids par 200. Pour achever son repas de sang, la tique doit effectuer 8 jours de succion. Et c'est une plate-forme de forage pour effectuer cette opération… La tique dispose d'un rostre muni de multiples dents et de deux chélicères semblables à des couteaux qui s'écartent pour découper la peau, au fur et à mesure de la pénétration. En même temps, la tique fabrique un ciment au pouvoir anesthésiant qui permet à sa piqûre de passer inaperçue et à son rostre de rester solidement ancrée dans la peau. C’est
lors de cette opération que la tique peut transmettre des maladies
d’un porteur à un individu sain, le plus souvent dés
les 48 premières heures de gorgement… Les assauts des tiques
touchent indifféremment hommes, animaux sauvages et domestiques
qui dans les herbes ou les sous-bois passent à portée de
rostre. Présentes sur tous les continents, les tiques véhiculent
de nombreuses maladies, parfois très graves. Ce qui en fait aujourd'hui,
d'après certains scientifiques, le deuxième fléau
parasitaire du monde moderne après les moustiques. |
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