SYMPATHIQUES MOUSTIQUES… ? !
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Les beaux jours venus, leur bourdonnement incessant nous oppresse. Du coup, à travers le monde, la lutte s'organise, …jusqu’à ce que l’homme découvre la possibilité d’utiliser ces petites bestioles.
Au grand dam de bien des espèces vivantes sur notre planète, les moustiques sont des assoiffés… de sang ! Car c'est bien le sang, comme tous les insectes hématophages (puces, poux,…) qui les intéressent. Sur tous les continents, ces "serial piqueurs" sèment la terreur. Parfois en provoquant un simple bouton qui va gratter pendant quelques jours, d'autres fois en transmettant des maladies souvent mortelles - comme celles transmises par les moustiques Aedes, ou le moustique Anophèle femelle. Car, en effet, seuls les moustiques femelles piquent.


MOUSTIQUES AQUATIQUES

Les moustiques sont essentiellement connus pour leurs voltiges aériennes assorties d’un bourdonnement horripilant provoqué par le battement de leurs ailes, de l'ordre de 400 à 500 battements par seconde.
Toujours est-il que l'on oublie souvent que les moustiques vivent leur première vie sous l'eau… Pas en tant que moustiques bien sûr, mais à l'état de larves. Un bon moyen pour eux de commencer à vivre incognito. Pots de fleurs, flaques d'eau, climatisations,…, tout récipient contenant de l'eau leur convient, même s'ils ont besoin de remonter très régulièrement à la surface pour emmagasiner de l'air. Mais bientôt, leur soif de sang les trahit et le moment venu, ils sortent de leurs "cocons" pour vivre leur vie de moustiques ailés.


LES MOUSTIQUES AIMENT LES PIEDS QUI PUENT

Le moustique est une petite machine bien rodée qui choisit sa proie avec une précision étonnante. Attiré par certaines couleurs et certaines odeurs, le moustique dispose pour cibler sa victime, à la fois d'un flair redoutable et d'une vue exceptionnelle. Les nombreuses soies réparties sur sa tête et ses antennes lui servent de capteurs et lui permettent de repérer le gaz carbonique issu de la respiration. Suffirait-il donc d'arrêter de respirer pour ne pas attirer les moustiques ? Non, car à 25 mètres, l'approche se fait à l'œil. Attiré par les couleurs sombres comme le bleu et le noir, le moustique fait travailler les 500 facettes qui composent chaque œil et lui permettent d'avoir une vision panoramique à 220 degrés. Enfin, le moustique termine les derniers mètres de son approche en mode thermique : il décèle les parties chaudes du corps humain et peut enfin piquer et se régaler. Les zones de transpiration sont donc particulièrement attractives pour les moustiques, en raison de l'acide lactique que la peau dégage avec la sueur. Tout effort physique, quel qu'il soit, peut donc entraîner une piqûre.

D'autres éléments attirent aussi ces charmantes petites bestioles… C'est le cas notamment de la vitamine B et du cholestérol. Mais aussi et surtout d'une bactérie : le brevibacterium. Cette bactérie est commune au fromage et aux pieds qui sentent mauvais. Certains chercheurs comme le professeur hollandais Willem Takken ont d'ailleurs testé l'efficacité des fortes odeurs (celles des pieds notamment) et de la transpiration pour attirer les moustiques. Pour faciliter ses recherches, Willem a créé un tunnel à odeur. À l'entrée du tunnel, les moustiques, prêts à foncer. A l’autre extrémité, dans deux compartiments, sont placés des objets à plus ou moins forte odeur : paire de chaussettes, morceaux de fromage,… En plaçant par exemple une chaussette qui pue et une autre propre, le professeur Takken a pu vérifier que c'était clairement celle qui sent mauvais qui attirait les moustiques. Puis notre professeur a poursuivi ses recherches en faisant le même test avec un fromage hol-landais, le Limburger, ou même avec sa propre transpiration…


VAMPIRES AILÉS

La soif de sang des moustiques est insatiable. Dracula n'a qu'à bien se tenir, il fait face à de sérieux concurrents. La soif des moustiques peut atteindre des records, notamment dans le grand nord Canadien, avec prés de 3.000 piqûres à l'heure sur les êtres humains…
Piquant victime après victime, les moustiques peuvent transmettre certaines maladies. Mais qu'en est-il d'une possible transmission du virus du sida par les moustiques ? Les conclusions des chercheurs sont formelles : le risque de contracter le virus du sida suite à une piqûre de moustique est nul. Tout d'abord parce que l'on estime à une chance sur dix millions que le virus du sida soit prélevé lorsqu'un moustique effectue un repas de sang sur un sidéen. Ensuite car le virus, même une fois prélevé, devrait résister au processus digestif du moustique – mais l'HIV est bien trop fragile. Et enfin parce que pour se multiplier, le virus aurait besoin des cellules du moustique qui ne sont pas compatibles avec le développement du sida.


HOMMES / MOUSTIQUES, FRÈRES ENNEMIS

Si les moustiques ne peuvent pas transmettre le virus du sida, Ils sont des vecteurs redoutables de bien d'autres maladies à travers le monde comme la Malaria qui tue un être humain toutes les 20 secondes. Les moustiques font donc des ravages, ce qui pousse les hommes à s'interesser de plus en plus à eux et notamment à vouloir les exterminer.

Les hommes se sont aussi intéressés au potentiel du moustique en tant qu'arme bactériologique. Dans les années 50, des scientifiques militaires ont planché sur le sujet. Peu fructueux, ces tests auront au moins permis de mieux connaître ces petites bêtes. Aujourd'hui, d'autres scientifiques affirment que cette idée tient de la fiction. En effet, même si le moustique est souvent le vecteur de maladies, il n'est pas fiable comme arme bactériologique.


NOUVELLES MALADIES, NOUVEAUX RISQUES

1999, la Psychose du Virus du Nil s’abat sur New York après plusieurs décès signalés. Les Moustiques figurent parmi les premiers suspects.
La CIA s’empare d’ailleurs de l'affaire en émettant plusieurs hypothèses : un acte terroriste (les moustiques pourraient être infestés volontairement par un virus de laboratoire) ; l’éventualité d’un virus échappé accidentellement de la base militaire d'essais bactériologiques située sur Long Island ; et enfin, la possibilité que les moustiques aient été infestés par un virus contenu dans le sang d'oiseaux tropicaux importés illicitement aux Etats-Unis.
Police et services sanitaires se mobilisent au sein d'une cellule de crise pour rapidement contrôler la situation: localisation et destruction des larves, notamment dans les vases des pierres tombales des cimetières du Bronx, poses de pièges, etc…

À Londres aussi, la crainte de voir se répandre de nouvelles maladies transmises par les moustiques est grande. Le métro en particulier est sous haute surveillance… Un moustique, le "Culex pipiens cavernicole" semble particulièrement apprécier les flaques d'eau stagnantes des tunnels et couloirs désaffectés du métro.. Les scientifiques craignent que ce moustique mutant, après s’être attaqué aux rats et autres bêtes grouillant dans ces lieux, ne transmette à l’homme de nouvelles maladies.

Les moustiques véhiculent aussi des parasites responsables de terribles maladies comme l'éléphantiasis (qui reste un cas à part), qui se caractérise par un œdème volumineux et dur, donnant l'apparence d'un éléphant.

La maladie mortelle la plus véhiculée par le moustique reste aujourd'hui le paludisme (aussi appelée « malaria »). Certains scientifiques estiment qu’avec la tendance au réchauffement climatique il pourrait y avoir un risque de progression de la maladie vers certaines zones de l’hémisphère nord peu médicalisées et colonisées peu à peu par des moustiques porteurs.


LA LUTTE S'ORGANISE…

À Singapour, face à la propagation de nouveaux virus et de fièvres hémorragiques transmises principalement par le moustique Aedes, les autorités ont réagi en créant des brigades anti-moustiques. Composées de policiers, elles traquent les gîtes de ponte que représentent les pots de fleurs, les climatisations (à récupération d'eau), et autres points d’eau chez les Singapouriens.

Toute personne créant chez elle des conditions favorables à la prolifération des moustiques se voit fichée par ce grand réseau de surveillance et devra payer une amende pouvant s'élever à 1.200 Euros.
Au-delà de la répression, cette solution est aussi un excellent moyen de dresser la carte des zones à risques en matière de moustiques. Elle a fait ses preuves puisque les zones infestées ont diminué de moitié depuis la création de ces brigades.


Au Québec, même si les moustiques ne véhiculent aucune maladie, ils n’en constituent pas moins une nuisance quoti-dienne. La lutte contre les « Maringouins », comme on les appelle là-bas prend des formes diverses, allant des plus fantaisistes (onde anti-moustiques diffusée par la radio locale) aux plus scientifiques (extermination des larves par une bactérie, le « Bacillus Thuringiensis », épandage par avions, hélicoptères ou équipes au sol d’insecticides) en passant par les plus expérimentaux (larves cannibales, poissons anti-moustiques, hormones, champignons).
Même si l’arme absolue n’existe pas, certaines techniques ont fait leur preuve avec des tests de nuisance encourageants : une chute de 350 à 5 moustiques par minute enregistrés dans une zone traitée.
Dans tous les cas cette lutte a un coût, et les habitants de certaines régions sont désormais soumis à l’impôt anti-moustique.

En termes de pharmacopée, les Burkinabais ont aussi leurs solutions contre les moustiques, principal vecteur du paludisme. Certains se sont spécialisés dans la récolte et la vente de plantes odorantes pour repousser les moustiques ou guérir les symptômes du paludisme. De véritables "centres de tradithérapie" se sont mis en place. Le coût de ce remède traditionnel est peu élevé, et du coup, la pénurie commence à se faire sentir.
Quoi qu'il en soit, un des remèdes les plus anciens, les plus efficaces, et les moins onéreux reste quand même la moustiquaire…


LA MYSTIQUE DU MOUSTIQUE

Légendes, rituels et cérémonies, cultes et vénérations,…, le moustique traverse les âges et les continents.

Japon : le moustique en spectacle

Entre légende et réalité, la relation hommes - moustiques est très particulière au Japon. Pendant le Shogun, un roi proclama , au nom de la tolérance, l’interdiction de tuer les moustiques. Au temple de Toshodai, les moines enseignaient le don du sang. Les moines acceptaient avec fatalité les piqûres des moustiques et les éloignaient grâce au vent des éventails.
Souvent incarné par un Sumo invincible, le moustique est aussi un personnage central de nombreuses histoires du Kyogen, théâtre traditionnel Japonais.


Bénin : Dieu moustique

Au Bénin, la surabondance des moustiques a fait naître de multiples légendes tentant d'expliquer cette invasion, parfois meurtrière. Selon l’ historien, Felix Iroko de
l’université de Cotonou, on explique encore la surabondance des moustiques, dans de nombreux villages, par la colère des dieux. Invoquer ces dieux et les prier, serait un moyen de les amener à éloigner les moustiques. Des masques sont donc fabriqués par la population pour appeler le dieu Babaalaba à chasser les moustiques de la région. Mis en scène dans la danse Gélédé, ces masques sont sacrés.

Inde : respect !!!

En Inde, la communauté Jaïn prône la non-violence . Au nom de la chaîne des réincarnations, qui domine la religion hindoue, les Jaïnistes refusent catégoriquement l'extermination des moustiques. Le respect de la vie prévaut vis-à-vis de ces petites bêtes. Avant de la boire, l'eau est filtrée pour être sûr de ne pas avaler un moustique ou une larve ; on vérifie l'absence de moustique sur un siége ou un coussin avant de s'asseoir pour ne pas risquer de l’écraser.
Représentant 5 % de la population indienne, les Jaïnistes éloignent aujourd'hui les moustiques avec de l'encens, même si autrefois, la tradition voulait que certains maîtres aillent jusqu'à offrir leur corps pendant une nuit entière aux moustiques assoiffés de sang.

Italie : championne du monde

Les Italiens ont trouvé la réponse à une question toute simple : comment faire de la chasse aux moustiques un jeu ? Tout simplement en créant les seuls et uniques championnats du monde de lutte anti-moustiques. Le but du jeu est simple : tuer le maximum de moustiques à mains nues en 10 minutes (les charmants petits insectes étant attirés par une lampe). Celui qui en aura tué le plus sera proclamé champion du monde, et pourra symboliquement les déposer dans un petit cercueil. Le re-cord à battre étant de 23 moustiques en 10 minutes.


MOUSTIQUES INFIRMIERS, MOUSTIQUES COBAYES.

Pourquoi ne pas tirer parti de l’élan naturel des moustiques à nous piquer pour, à l’avenir, utiliser ces seringues ailées à notre profit. Certains scientifiques réfléchissent au sujet.
En effet, on pourrait envisager qu’un jour, les moustiques deviennent les premiers agents de la lutte contre le paludisme en leur faisant porter un antivirus qu’ils inoculeraient en piquant.
En attendant, les moustiques donnent leurs corps à la science et constituent parfois d’excellents auxiliaires de diagnostics pour identifier notamment l’origine virale ou bactérienne de maladies difficiles à identifier. La multiplication rapide des souches microbiennes dans leur tube digestif, permet une détermination plus efficace des maladies.


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