UN
INSECTE QUI FAIT MOUCHE copyright Mona Lisa |
| Nous
pensons les connaître car nous les voyons tous les jours autour
de nous, et pourtant… Même si parfois elles tuent ou transmettent des maladies, les mouches savent aussi se rendre très utiles… |
| MOUCHES
TUEUSES
On le sait, les mouches aiment
nous rendre visite en toutes situations. On sait aussi qu’elles
peuvent transmettre des maladies. Mais l'on connaît moins la capacité
qu'ont certaines mouches à tuer. Mangeuses d'homme ou de bétail,
les "Lucilies bouchè-res" sont en effet des tueuses. Pour lutter contre ces mouches
dévastatrices, des traqueurs de mouches améri-cains ont
pensé à la physique nucléaire… Les mouches
atomiques sont nées ! L'ob-jectif est de stériliser des
mouches avec une source de rayon Gamma et de rempla-cer les mâles
habituels par ces mouches atomiques stériles qui ne permettront
pas la reproduction. Les femelles ne copulant qu’une seule fois,
ne pourront procréer de nouvelles générations.
Dans certaines zones, les lâchers de mouches atomiques se font
par millions. C'est le cas au Nicaragua où de nombreux largages
par avion sont effectués toutes les nuits. Une dizaine de bombardiers
légers sont à l'œuvre chaque semaine pour déverser
sur les zones de combats près de 100 millions de mouches atomiques.
Les mangeuses d’hommes reculent aujourd’hui au Nicaragua, SOMMEIL DE PLOMB Responsables de ce que l'on appelle la "maladie du sommeil", les mouches Tsé-Tsé que l’on trouve en Afrique, ont pour repère les cours d'eau où les crocodiles sont une de leurs proies favorites. Grâce à leur trompe piqueuse, dont elles se servent comme d’une paille, les Tsé-Tsé sucent le sang et dans le même temps introduisent par cette trompe des parasites : les trypanosomes. Ces parasites vont ensuite migrer vers le cerveau de la victime pour la plonger dans un profond sommeil. Ces mouches ont fait des ravages au fil des années, et notamment dans le bassin du Congo en 1930 avec près de 500.000 morts. Sur le terrain, des forces
spéciales françaises de l'IRD et du CIRAD s'efforcent
de rechercher des solutions efficaces pour contrer ces insectes pernicieux.
Les tsé-tsé sont aujourd’hui traquées grâce
aux satellites !
La mouche est par certains aspects une « merveille de technologie ». Ses capacités de mouvement sont très élaborées et son système sensoriel est particulièrement dé-veloppé. Élément principal de sa mobilité : ses ailes. C'est en 1947 que des chercheurs commencent à s'intéresser à cette formidable machine volante qu'est la mouche. Des recherches qui suscitent aussi l'intérêt des industriels de l'aéronautique pour d'éventuelles applications dans les stabilisateurs de vol des avions. La mouche dis-pose de deux petits pistons derrière ses ailes, qui lui permettent de décoller et de ne pas voler en rond. Les ailes de la mouche peuvent battre jusqu'à 330 fois par se-conde… Pour faciliter son vol, la mouche dispose de multiples systèmes lui permet-tant d'évaluer les conditions de vol. Les deux antennes situées entre ses deux yeux font office de compteurs de vitesse et lui permettent de mesurer le vent. Automati-quement, les informations recueillies par ces antennes sont directement transmises au système de réglage des ailes. C'est aussi grâce à ce système que la mouche sait si elle peut décoller ou non, selon la vitesse du vent. En vol, la mouche est particuliè-rement aérodynamique puisque les poils présents sur le dessus et les rebords des ailes de fuite améliorent le passage de l'air. Quant au système sensoriel de la mouche, il est lui aussi très perfectionné. La vue tout d'abord : les yeux de la mouche sont composés de 3.000 lentilles individuelles qui lui assurent une vue sur 360 degrés. De plus, la vision de la mouche est compo-sée comme un ralenti de cinéma puisqu'elle gère 200 images par seconde, alors que celle de l'homme en gère 12… ; ce qui explique pourquoi la mouche est si difficile à écraser… L'odorat ensuite : ce sens se situe chez la mouche sur ses antennes. Cet odorat est même parfois très développé puisque la mouche calliphora par exemple est capable de repérer un corps en décomposition à plusieurs kilomètres de dis-tance. Le goût enfin : celui-ci est localisé à l'extrémité de la trompe, mais également au bout des pattes… L'extrémité de la trompe permet à la mouche de se nourrir et de dissoudre la nourriture. Les pattes permettent surtout à la mouche de goûter et d'identifier son repas potentiel, ce qui explique pourquoi elle piétine longuement la nourriture avant de la manger.
Comme chez les fourmis, les phéromones sont aussi un élément essentiel du jeu sexuel chez les mouches. Ces substances odorantes qu'elles émanent jouent le rôle de déclencheur et de chef d'orchestre de la parade amoureuse. Une fois les phéro-mones reconnues et acceptées par chaque partenaire, le jeu commence avec le mâle qui va se mettre à tapoter le derrière de sa compagne pour vérifier son sexe. Puis le mâle fait chanter ses ailes pour la séduire avant de lui lécher ses organes sexuels. Vient ensuite éventuellement le feu vert pour courber l'abdomen et passer à l'acte. Certains scientifiques sont
fascinés par les mouches et leur sexualité. Jean-François
Ferveur du CNRS, a confirmé que les phéromones étaient
déterminantes dans la recherche du partenaire. Il a réalisé
deux expérimentations :la première consiste à féminiser
le cerveau d’un mâle, celui-ci fait alors aussitôt
la cour à un autre mâle, en essayant de le sodomiser. La
deuxième à pour objectif de parfumer un mâle avec
des phéromones femelles, ce dernier devenu transsexuel, subit
de suite la parade d’un autre mâle qui tente également
de s’accoupler.
Les sources d'eaux chaudes,
les mares à pétrole et certains lacs sont pour certaines
mouches de véritables paradis. C'est le cas des mouches Ephydra
qui ont élu domi-cile dans les lacs salés de la Californie,
où les prédateurs sont peu nombreux, en raison des conditions
climatiques extrêmes. Les mouches ont trouvé la solution
pour se nourrir de l’unique ressource des lieux : des algues microscopiques
qui réussis-sent à pousser dans ces eaux mortes. Au Mexique, Pedro… pratique la pêche aux mouches, avec laquelle il fait vivre ses 12 enfants. Une fois pêchées, les mouches sont séchées pour être ensuite moulues. La poudre obtenue est mélangée avec des œufs et roulée pour en faire des galettes. Mais il n'est pas le seul à manger de la mouche…
Ce sont les Indiens qui les premiers ont eu l'idée de manger des mouches. Ce qui les motivait, c'était les qualités gustatives mais surtout nutritives des mouches. Mais également aussi parce que ces mouches abondaient dans la région… et qu'il s'agis-sait d'un réservoir de nourriture conséquent. Une chose que d'autres ont
d'ailleurs aussi bien compris : les entomophages, au-trement dit des
mangeurs d'insectes. Parmi eux, Julietta Ramos Eloduy de l’Instistut
Certaines mouches font de
la médecine sans le vouloir ! Pour John, la chirurgie demande
trop de personnel. Alors qu'une seule mouche fe-melle produit assez
d’asticots pour traiter cinq patients 24 heures sur 24. Son kit
de soin, composé de 500 larves stériles, ne coûte
que 700 francs Prés de 300 centres « d’asticot-thérapie chirurgicale » sont aujourd'hui ouverts au Royaume-Uni. Mais malgré son efficacité prouvée et observée, "l'asticot-thérapie" reste une pratique marginale en raison d'un trop grand nombre d'inhibitions liés à ces petites bêtes grouillantes.
Autre champs d’action pour le moins inhabituel des asticots et des mouches : la po-lice criminelle. Le Dr Marcel Leclerc, père de l'entomologie criminelle a fait des asticots et des mouches ses plus précieux alliés lors de ses enquêtes… Il utilise en effet ces petites bêtes pour dater la mort des victimes et déterminer les circonstances des meurtres. Et ses diagnostics sont souvent déterminants. D'une part grâce à l'étude du dévelop-pement des asticots pondus dans le corps. D'autre part car plusieurs types de mou-ches se succèdent sur un même cadavre. Tous ces éléments permettent alors à Marcel de reconstituer chronologiquement les circonstances exactes d'un meurtre. La première escouade de mouches s'intéressant aux cadavres est celle des Calli-phoras "mouches à viande", qui interviennent dans les premières heures qui suivent la mort du cadavre. Puis la deuxième, composée des pondeuses, les mouches ver-tes, qui arrivent 8 à 10 heures après le décès. Enfin, les derniers à se manifester sont les coléoptères, les acariens et d'autres mouches… Avec plus d’une centaine d’affaires criminelles résolues par « les mouches » Marcel, est devenu un expert incontournable.
D’après les
psychiatres la mouche est un des insectes qui frappe le plus notre in-conscient
et cela des artistes l'ont bien compris…
Non, le film "La Mouche"
de David Cronenberg n'est pas encore devenu réalité !
Mais dans le même esprit, une mouche, la Drosophile, aussi appelée
"mouche du vinaigre", est étonnamment proche de l'homme
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Mona Lisa
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