Parole d'Enfant, Silence d'Adulte

Documentaire

Durée : 52 '
Support : Digital Betacam - stéréo - 16/9 - 4/3

 

Réalisateur : Olivier BAUDRY DE VAUX
Production : Mona Lisa - TF1

Lyon, une rue sépare la prison St Paul de la B.P.D.J, Brigade de Prévention de la Délinquance Juvénile.
Septembre 1997, la Gendarmerie Nationale met en place ses premières brigades pour lutter contre la délinquance sexuelle dont sont victimes les mineurs.

Pour la gendarmerie, il fallait réagir à cette nouvelle délinquance que la France découvrait semaine après semaine, par une presse qui désormais en faisait sa Une.
Pour la première fois la loi du silence allait être rompue.
Titre après titre, la presse nous révélait que des enfants étaient les victimes suppliciées et oubliées de violences sexuelles commises par des adultes.
Désormais plusieurs expressions devenaient familières de notre langage : pédophilie, abus sexuels, maltraitance.

C’est après avoir passé 20 ans à combattre la délinquance dans les banlieues difficiles de Lyon, que l’adjudant Yves Tuzzolino fait le choix de se porter volontaire pour commander la première B.P.D.J.
Désormais, plus rien ne le détournera de sa nouvelle mission.
Quelques mois plus tard, avec sa nouvelle équipe de six gendarmes dont 3 femmes, l’adjudant Tuzzolino s’installe cours Suchet au cœur de Lyon, dans un immeuble, hors gendarmerie pour ne pas effrayer les enfants dont il doit recueillir les premières paroles.

La brigade de Lyon auditionne plus de 250 enfants par an, âgés de trois à dix-sept ans.
Chaque affaire est confiée à deux gendarmes qui reçoivent les familles dans un salon et les accueillent autour d’une tasse de café.
Dans un premier temps, les enquêteurs écoutent et observent. Puis proposent à la jeune victime de l’auditionner et recueillir ses paroles dans une autre pièce spécialement aménagée.
Trois chaises, une grande table en bois clair, des jouets, un parc d’enfant, des dessins accrochés aux murs, et une caméra qui filme la totalité de l’audition.

De l’autre côté de la cloison, dans une pièce équipée d’un téléviseur et de magnétoscopes, un médecin, un psychologue et les enquêteurs de la brigade de recherches, écoutent en direct l’audition de l’enfant.
En toute discrétion, les deux équipes sont reliées par une oreillette et interviennent par questions réponses interposées.

Formés, entraînés aux auditions d’enfants victimes d’abus sexuels, la parole des gendarmes n’est jamais remise en cause. Elle a valeur de preuve. Même les avocats des auteurs ne la contestent pas.
En quelques années, la B.P.D.J. a su se faire une place à part dans les institutions judiciaires. Reconnaissance incontestée, crainte par les avocats des suspects.

Bernard, Philippe, Violaine, Jean, Christine et Laurence, se sont tous portés volontaires pour travailler aux côtés de l’adjudant Tuzzolino.
Recueillir la parole d’enfant victime de violences sexuelles, leur rappele chaque jour qu’ils sont un peu plus que de simples enquêteurs.
Pour Laurence : "C’est peut-être le seul service de la gendarmerie à être au cœur d’une enquête où la souffrance est souvent insupportable".
Pour Bernard : "Ce que nous voyons ici dépasse tout ce qu’on peut imaginer. Nous devons à la fois établir des faits et protéger ces petites victimes, ces enfants".

Christine est à la B.P.D.J. depuis le premier jour de sa création.
Elle reconnaît que sa vie personnelle est profondément marquée par son travail. Célibataire et sans enfants, elle confie :
"Toutes ces victimes sont un peu comme mes enfants. Depuis que je suis dans cette brigade, j’ai perdu le sommeil. Mais si c’était à refaire, je le referais".
Comme ses collègues, Christine suit la totalité de l’enquête, du premier signalement à la présentation du suspect devant le procureur de la République. Elle tient à être présente à tous les stades de l’enquête.
Pendant la garde-à-vue du suspect, Christine regarde et écoute ses collègues gendarmes de la brigade de recherches. Elle ne posera que quelques questions pour établir définitivement les faits.

Dans ce reportage, nous filmerons la totalité de plusieurs enquêtes criminelles, les filatures, arrestations, gardes à vue, auditions des suspects, déferrements au Parquet, expertises médicales et psychiatriques, et le parcours judiciaire de l’enfant.
Nous filmerons aussi sa famille et les premiers pas de l’enfant vers sa reconstruction.
Nous essayerons de filmer le coupable avec ses mots, ses remords ou ses certitudes, et cela jusqu’à sa mise en détention.

C’est la première fois que la Gendarmerie donne l’autorisation de filmer les auditions de mineurs victimes d’abus sexuels.
Pour ce reportage, Gendarmerie et magistrats ont accepté de nous ouvrir cette
porte restée bien trop longtemps fermée au regard d’un public, qui désormais a le droit de savoir.


 

 

 

Mona Lisa Production - 3 et 4 Place Chazette - 69001 Lyon FRANCE
Tél : +33 4 78 39 04 04 - Fax : +33 4 78 29 09 47
email : info2@monalisa-prod.com