Face à Face avec nos ancêtres

Documentaire
Durée : 52 '
Support : Digital Betacam - stéréo - 16/9 - 4/3

Réalisateur : Philippe Plailly
Production : Mona-lisa - Eurelios - France 2

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L’homme du XXIème siècle a de grandes énigmes à résoudre : origine de l’univers, de la vie sur terre et de sa propre origine. Les trois résistent à l’épreuve du temps.
La science avance à pas de géants, mais les chercheurs piétinent quand ils parlent de l’émergence de la bipédie.
Entre 9 et 5 millions d’années, toutes les hypothèses restent plausibles. Seule quasi-certitude, le continent africain est bien le berceau de l’humanité, point de départ de différentes lignées d’hominidés qui se dispersent, de migration en migration. Ils essaiment tout au long d’un parcours sinueux, parsemé d’embûches et de terribles bouleversements climatiques. L’être humain commence alors une lente adaptation à son environnement : taille, muscles, poils, visages évoluent dans un foisonnement multi ethnique propre à mettre en déroute des générations de paléontologues.

Ils doivent faire parler les os fossiles, les obliger à livrer le secret d’une infime trace d’usure, ausculter un crâne miraculeusement découvert et se rapprocher de nos ancêtres dans un face à face vertigineux.

 

Dans cette quête de nos origines, Elisabeth Daynes occupe une place à part, celle d’une artiste, sculpteur en anthropologie, de renommée internationale, qui se lire avec passion à un travail unique ; recréer sur une échelle de temps de plusieurs millions d’années, des Australopithèques à l’Homo sapiens, des hominidés réalistes. Les scientifiques les plus éminents lui apportent leur précieux concours, et les technologies nouvelles lui offrent des outils exceptionnels en matière d’imagerie et de conception assistée par ordinateur.
Pour donner un visage à une personne disparue , à un criminel recherché ou à un personnage préhistorique, les techniques sont identiques, et Elisabeth Daynes, moulage des crânes sous le bras (les originaux ne circulent jamais), se rend au laboratoire de police scientifique. Un spécialiste utilise des logiciels très sophistiqués de traitement d’image 3D, qui lui permettent de préciser l’épaisseur des parties « molles » du visage, entre les os et la surface de la peau. Riche de ces données, elle peut commencer dans son atelier, la sculpture en terre de notre ancêtre.

En haut de Belleville, dans une cour pavée du Vieux-Paris, son « antre », rempli de masques de plâtre, de postiches et de prothèses, donne l’impression d’être toujours épié par un indien, un monstre ou un comédien, vestiges d’une pièce de théâtre ou d’effets spéciaux de cinéma, les autres activités de l’atelier.
Derrière la baie vitrée apparaît le visage d’un néandertalien, il manque les ridules et le grain de la peau, dernières étapes avant de lui faire subir les différents stades de moulage et de tirage définitif en silicone. Ensuite viendront la pose des yeux, des dents, des ongles et du système pileux, implanté poil par poil sur tout le corps. Un ouvrage d’art que l’artiste exécute en quelques mois avec ses assistantes.
Dans l’attente d’un départ inéluctable, les dermoplasties forment dans le show-room attenant à l’atelier, une étrange famille recomposée, si réaliste que ses membres semblent se livrer à d’improbables conversations. Au fil du temps, on a pu y croiser l’émouvant couple d’Homo georgicus , sacré en 2001, les plus vieux européens (1,7 millions d’années). Ils côtoient leur cousin africain, l’enfant du Turkana, un kenyan de 1,6 millions d’années.



Quant au couple d’Australopithèques afarensis (du même groupe que la célèbre Lucy), il a mobilisé notre artiste pendant sept mois, le temps de sculpteer les deux visages à l’université de Tel-Aviv, dans le plus grand secret, à partir de fossiles trouvés en Ethiopie par Donald Johansson et le professeur Yoel Rak, qui tint le rôle conseiller scientifique. Les os de Lucy servirent de base de travail à la reconstitution du corps dont elle peaufina la démarche et la musculature en observant la morphologie et le comportement des bonobos au zoo d’Anvers.
En 2004, le groupe accueillera cinq autres créations dont nous suivrons pas à pas la réalisation dans ses moindres détails, jusqu’à Barcelone où elles seront présentées dans ce qui sera le plus beau musée des sciences d’Europe.

Le travail d’Elisabeth Daynes, qui mêle recherche scientifique, innovation technologique et démarche artistique, permettra d’illustrer de façon très visuelle et accessible à un large public, la synthèse des connaissances actuelles sur l’évolution de l homme.
De la recherche de documents aux premières ébauches, le film devra restituer l’étonnante intimité qui lie l’artiste et ses personnages ; aider à comprendre ce qui l’amène à s’intéresser à toutes ces disciplines scientifiques et à devenir pour les spécialistes celle qui par ses doutes et ses interrogations, les pousse dans leurs derniers retranchements.
Ensemble, ils tendent vers une certaine perfection. L’émotion et le rêve sont au rendez-vous de ce face à face.

 

 

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